Lectures à la cubaine, bijoux et humidors

Petite devinette pour tous les amateurs de cigares : qu’est-ce qui a 153 ans et qui a toujours bon pied bon œil dans certains des lieux les plus mythiques de Cuba ?

Texte : JEAN-FRANÇOIS FOURNIER
Photos : MAISON VITOLA

Quelques indices… Ce n’est pas le matériel pourtant vintage des grandes fabriques. Pas plus que l’une ou l’autre de leurs marques fétiches dans le monde entier. Non, c’est tout simplement une fonction qui n’est pas sans rappeler les grands monastères de la chrétienté, à savoir celle de « lectores ». Un personnage-clé pour l’ambiance des salles où l’on roule les vitoles. Installé sur un podium semblable à ceux des réfectoires bénédictins, le « lecteur » est, aujourd’hui encore, un acteur social de la vie cubaine. Jadis, il édifiait les « torcedores »(rouleurs) en interprétant, cigare aux lèvres, des récits d’aventures. Sous la révolution, il lisait Marx, les nouvelles de la révolution et du communisme triomphant. Désormais, ses lectures sont plus modernes, mais on y retrouve bien évidemment tous les grands discours des dirigeants actuels, et Miguel Diaz-Canel, le tout nouveau N° 1 du régime, n’échappera pas à cette tradition, qui verra sa vie contée ces prochains jours à toute la fine fleur des rouleurs.

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Vous connaissez sans aucun doute le vocable « vitole », ou si vous préférez : l’ensemble des caractéristiques d’un cigare. En Belgique, nous apprend Le Soir de Bruxelles, une jeune créatrice nommée Alicia Dubois s’en est inspirée en créant Maison Vitola, sa propre marque de bijoux unisexes. En tête de gondole, des chevalières absolument remarquables qui reprennent – pas à la lettre, mais bel et bien dans l’esprit – l’ambiance et le graphisme des plus belles bagues de cigare, cette ruse créée autrefois pour que les plus nobles d’entre les consommateurs puissent savourer leur cher cigare sans porter de gants et sans se salir. A noter que le propriétaire d’une bague Maison Vitola peut déterminer le visage gravé sur la chevalière, son métal et sa couleur (dix-neuf teintes au choix, grâce aux belles résines qui servent de fond au portrait). Idée branchée en prime, ce bijou peut se porter en broche sur une cravate ou sur un costume.

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Autre inspiration due au cigare dans l’industrie du luxe, nous apprend le magazine Le Point, l’entrée dans le célèbre cabinet des curiosités de l’Hôtel de Crillon à Paris d’une gamme très restreinte de montres signées Bell & Ross : les Vintage WW1 Edicion Limitada. Leur boîtier en or rouge épouse un cadran et un bracelet bruns, une couleur directement inspirée de la robe des plus grands puros cubains. Cette création sublime n’est pas proposée dans un contenant banal, puisque son écrin du plus bel ébène peut être transformé en humidor à cigares haut de gamme, avec humidificateur et hygromètre incorporés. Du rêve qui n’apas de prix !