Le cigare, industrie de luxe et objet de tentation

Ce n’est pas à proprement parler une surprise, mais à l’ouverture du Festival du cigare de la Havane, le gouvernement cubain a communiqué les derniers chiffres relatifs à la production de ses chers puros.

Texte : Jean-François Fournier
Photos : SP sauf mentions contraires

Sur les douze derniers mois, défiant la stagnation des autres produits de luxe, les havanes ont vu leurs ventes bondir de 5 %, pour dépasser la barre des 450 millions de francs suisses.

« Cigarros »

« Nous sommes très heureux de la croissance affichée sur une période pourtant difficile », a expliqué devant la presse mondiale Javier Terres, le vice-président du développement de Habanos SA, la clé de voûte du marché du cigare cubain. Le dirigeant a toutefois aussitôt nuancé son propos en annonçant un millésime 2017 plus tendu pour Cohiba, Monte Cristo et Romeo y Julieta, le trio leader du groupe. Afin d’endiguer cette éventuelle morosité (mais combien de fois a-t-on annoncé en vain que le puros était sur le point de partir en fumée ?), Javier Terres compte sur un essor important de la présence cubaine au Moyen-Orient et, surtout, en Asie. Plus intéressante encore, car annoncée en pleine semaine de la femme, la volonté de Habanos SA de séduire nos compagnes en créant de plus petites versions
de ses vitoles de légende. A noter enfin le thème récurrent de ce Festival 2017 : les mauvais signaux émis par le président Donald Trump s’agissant du rapprochement Etats-Unis — Cuba initié par son prédécesseur Barack Obama.

On a déjà eu l’occasion de le dire dans cette chronique : le must du cubain a toujours fait partie des cadeaux diplomatiques, au point qu’on ait souvent parlé de diplomatie du cigare dans le cas de Fidel Castro. Or, qu’apprend-on ce mois-ci ? La police israélienne enquêterait pour déterminer les éventuels avantages perçus par le premier ministre Benjamin Netanyahu. Je vous passe les mille et un rebondissements de cette affaire sur fond de corruption, mais de nombreux médias à Jérusalem et Tel-Aviv parlent de dizaines de milliers de francs de cadeaux offerts durant sept ou huit ans par le milliardaire hollywoodien Arnon Milchan au numéro 1 israélien sous la forme de cigares de luxe. Réponse de « Bibi » : « Les Milchan étaient nos meilleurs amis, à Sara et à moi… » Sara, son épouse, qui, elle, aurait reçu des caisses et des caisses de champagne.

Un petit clin d’oeil pour terminer cette chronique : le plus célèbre des fumeurs de cigare au monde, je veux parler de Churchill, croyait bel et bien aux extraterrestres. C’est Nature qui l’a révélé en publiant des extraits inédits d’un texte de l’ex-premier ministre britannique intitulé « Sommes-nous seuls dans l’univers ? » Et la fameuse revue de souligner la qualité scientifique de cette petite étude de onze pages due au génie protéiforme de Sir Winston.