Texte : Jacques Denthaut / Photos : Centre Thermal
Située dans le Nord Vaudois, Yverdon-les-Bains ville d’eau : cela a toujours été une réalité. A l’extrémité sud du lac de Neuchâtel et irriguée par de multiples canaux, l’Eburodunum romaine est devenue l’Yverdon nouvelle par la grâce de Pierre de Savoie en 1260. Il y a construit le château et fait de ce village de pêcheurs marécageux un chef-lieu du commerce entre Suisse alémanique et romande. La ville « moderne » fêtera son 750e anniversaire l’année prochaine. Elle y mettra peut-être l’accent sur son renouveau. Car, il est non seulement le fruit d’un phénomène cyclique, mais aussi d’une formidable opportunité. Face à la crise économique qui étouffe l’ensemble du monde occidental, Yverdon-les-Bains est présente pour ceux qui veulent se refaire une santé. Ou tout simplement l’entretenir. Ses Bains inaugurés il y a une trentaine d’années (premier bassin ouvert en 1977) enregistrent déjà près
de 300’000 entrées par an et les prestations de son centre thermal, avec ses partenaires de l’Espace Beauté et de la très professionnelle unité médicale de physiothérapie, créée en collaboration avec l’hôpital d’Yverdon, sont de plus en plus appréciées, du grand public comme des milieux sportifs internationaux. Petit tour d’horizon sur cette ancienne cité industrielle qui, à côté d’un pôle technologique d’importance nationale et d’un vaste secteur de formation technique supérieure affirme, avec le thermalisme, une vocation naturelle retrouvée, favorisée par une situation géographique idéale.
A l’avant-garde du thermalisme suisse
Le thermalisme, même s’il trouve ses origines dans la modernité romaine d’il y a quelque 2000 ans, est une branche économique tout à fait nouvelle pour la Suisse romande. Les centres thermaux s’y sont développés dans les toutes dernières décennies du siècle écoulé et la passion des bains, du wellness, maintenant du spa, montrent déjà par leur étymologie, qu’il s’agit d’un nouveau culte de l’eau sans frontière ne passant pas seulement par le nez ou l’œsophage. Pour beaucoup, ce fut une découverte totale. Comme pour Claude Ogay, premier directeur du Centre thermal d’Yverdon-les-Bains, aujourd’hui à la retraite, qui en fut l’un des pionniers, associant les prestations offertes par le complexe thermal de la capitale du Nord Vaudois au développement touristique régional. Claude Ogay fut en outre secrétaire de la Fédération mondiale du thermalisme de 1983 à 2000 et occupe maintenant la présidence de la division médicale de Lavey-les-Bains, station réanimée par un groupe français.
« La Fédération mondiale regroupe l’ensemble des associations nationales du thermalisme pour viser à une meilleure compréhension des législations respectives tout en étant l’interlocuteur privilégié de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Actuellement dirigée par un Russe, elle a été présidée pendant une trentaine d’années par le Dr Guy Ebrard, ancien député à l’Assemblée nationale et fondateur d’un grand groupe français spécialisé dans le thermalisme. La Suisse, compte une vingtaine de stations thermales», explique Claude Ogay ».
« Le thermalisme moderne, c’est une façon de marier le bien-être, la remise en forme et les traitements médicaux à travers l’utilisation de l’eau. Cette popularisation a nécessité la création de secteurs destinés aux loisirs. Mais le thermalisme a toujours une base médicale et les stations ont l’obligation d’avoir un médecin pour leur direction médicale. C’est clair que la vie moderne entraîne de nouveaux besoins. Il faut notamment lutter contre le stress, permettre la détente. Les gens ont de plus en plus besoin de petites coupures dans leur vie quotidienne. Mais il leur faut aussi des installations adéquates. C’est pour cela qu’on voit fleurir de plus en plus de belles piscines, que ce soit à Loèche, Saillon, Yverdon ou Lavey, dans des cadres superbes, favorisant le weellness en dehors des soins médicaux ».
« Il y a donc deux clientèles, une particulière pour son propre bien-être et une autre venant sur prescriptions médicales pour des prestations susceptibles d’être remboursées par les assurances. A Yverdon-les-Bains, on trouve ainsi des piscines thermales de grande qualité, un centre de fitness et de soins de beauté appréciés, et une division médicale physio qui se distingue autant par ses hautes compétences que par les rapports durables qu’elle entretient avec ses clients, ceci constituant une carte de visite absolument sécurisante. Tout cela avec un hôtel haut de gamme. Ce qui permet à Yverdon-les-Bains de rester à l’avant-garde du thermalisme suisse ». (JD)
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dans notre magazine 291 - SEPTEMBRE 09








