Ainsi que je vous l’avais annoncé dans notre dernière édition, l’Académie du Cep a donné et réussi son traditionnel repas organisé dans le cadre de la Fête des Vendanges de Russin. Tout a concordé à ce que la fête soit belle. A trois jours de l’arrivée de l’automne, le temps était résolument au beau.
Pour la première fois, Francis Mottaz, Grand-Maître de l’Académie, entouré de tout son comité a pu remettre le Cep de l’Académie au « Domaine du Mollards », sacré meilleur Chasselas de l’année 2009. C’est la charmante Claire-Lise Desbaillet de Russin, qui a réceptionné le Cep de l’Académie. Cette distinction s’est faite en accord et en collaboration avec l’Interprofession du vignoble et des vins de Genève et son président Daniel Sulliger.
A ce sujet, il est intéressant de se pencher quelques instants sur ce cépage finalement plus méconnu qu’on ne le pense. Cépage de terroir, le chasselas est par excellence le témoin de la situation charnière de notre région, passage entre le Sud-Ouest et le Nord, entre le Rhône et le Rhin.
Le terme « Chasselas » est apparu dans le bassin lémanique à la fin du XVIIe siècle. Le chasselas acquiert une grande notoriété au XVIIIe siècle. Par la suite, il traversera plusieurs crises. Les jugements sur les vins de chasselas varieront et seront loin d’être unanimes. Dans les années 70, années qui ont marqué le début de la grande évolution œnologique genevoise, le chasselas a subi des attaques violentes.
Devenu sujet de discussions quasi philosophiques, ce vin ne pouvait que tendre vers la perfection. Il est vrai qu’à cette époque, nombreux étaient ceux qui pensaient que le chasselas ne pourrait jamais, à Genève, donner un vin de qualité.
Mais les viticulteurs genevois ont relevé ce défi. Ils ont travaillé avec acharnement sur ce cépage et ont su adapter leur production afin de faire aujourd’hui du chasselas un vin qui a largement sa place parmi les bons vins genevois. Mieux, il en est même devenu un des principaux ambassadeurs puisqu’il occupe la moitié de la surface viticole des cépages blancs à Genève.
Cela établi, une fois pour toutes, relevons que les vins servis lors de ce repas au Domaine des Rothis, à Russin, étaient tous titulaires de cette distinction ô combien enviée : la Médaille d’or 2010. Premier servi avec la terrine d’onglet et queue de bœuf au foie gras, le chardonnay 2009, Domaine du Faubourg à Soral, une parcelle de 3'200 m2 au sol graveleux, à la robe dorée, un nez très fruité et frais avec, en note persistante, une bouche citronnée, pamplemousse, ananas et fruits de la passion.
Je ne vous dis pas le bonheur !
Le sauvignon 2009 qui suivait, escortant le carpaccio de bison de Collex à l’huile d’olive, sortait de la Cave de Sézenove de Madame Bocquet-Thonney. Un nez légèrement mentholé. Un vin de garde de 4 à 5 ans avec une finale très parfumée. S’agissant du bison de Collex, il convient de se souvenir qu’il provient de l’élevage de Laurent Girardet.
Pour faire cortège au filet mignon de veau apprêté avec des bolets frais, un seigneur en bouteille s’imposait. C’est la raison pour laquelle un gamaret 2009, la feuille d’or, sorti des chais de la Cave de Genève, premier producteur du canton pour cette spécialité, remplit à merveille cet office. Un nez fourni, une bouche compacte et fruitée, assez long en bouche, voilà une réussite qui ne peut que ravir le directeur de la Cave, le Zürichois Martin Wiederkehr.
Les trois sortes de gruyère s’étaient, l’espace de cette agape, harmonieusement mariées à la fois avec le merlot 2007, du Domaine des Molards, et avec le chasselas de Michel et Claire Lise Desbaillet. Deux excellents flacons qui réussirent à créer une symbiose parfaite avec le roi des fromages décliné en trois sortes différentes.
Un mousseux brut, la Bartholie, du Domaine de la Planta à Dardagny se maria lui aussi fort bien avec le soufflé glacé aux framboises qui clôtura merveilleusement ce fort bon repas. Une fois de plus, André Vidonne, le traiteur bien connu, avait tapé dans le mille. De fait, le contentement était général.
Parmi les personnalités présentes, citons Pierre Weiss, vice-président du Parti radical-libéral suisse et député au Grand Conseil genevois, André Reymond, le conseiller national UDC, et par ailleurs préfet genevois de la Confrérie de Gruyère, John Dupraz, ancien conseiller national, Robert Porchet, président de la Confrérie du Bon Pain dont une délégation venue en amie ainsi que les Tire-Bouchons et des membres des Potes au Feu, tandis que le candidat au Conseil administratif de Genève, un certain Michel Chevrolet, une figure que Léman Bleu a rendue populaire, surprenait son monde car sa nouvelle silhouette, très amincie, l’a sérieusement rajeuni. Signalons encore qu’un autre député au Grand Conseil genevois était présent, et pour cause, puisqu’il s’agit du directeur de la Chambre de Commerce, lequel officie aussi au sein du Conseil de l’Ordre de l’Académie dans ses fonctions de Grand Argentier, Jacques Jeannerat.
Enfin, il convient de signaler celles ou ceux qui ont fait l’objet d’une intronisation à l’occasion de cette Fête des vendanges. Furent ainsi désignés « Ecuyers d’honneur » : John Dupraz, André Reymond, déjà cités, Janine Romanens et Michel Delessert. Devinrent « Compagnon d’honneur » : Lily Gattoni, auteur de la sculpture du CEP, Andrée Thöni, conseillère des Gourmettes et François Haldemann, Président d’AgriGenève. Accédèrent au titre de « Compagnon » : Alain Etienne, Fabiano Forte, Alain Guillon, Philippe Matthey, Jean-Paul Mouraret, Jean-Paul Dousse, Frédéric Wigger et Pascal Chapuis.
Quant aux élévations de grade, elles le furent pour François Baudet, François Fiaux, Jacques Jeannerat, Michel Nargi, Roger Neuenschwander, Sébastien Schwarz, Eric Steiner, Pierre Weiss, tous devenus « Ecuyer » alors qu’Etienne Dufour et Laurence Guillon, accédaient au titre enviable de « Maître Chevalier ». Un titre que recevront le 5 novembre prochain, Didier Penet, Hans-Jörg Treu et Francis Mottaz.
Enfin, dimanche 19 septembre 2010, une cérémonie sympathique a permis l’intronisation de Pascal Couchepin, ancien président de la Confédération, sous une tente dressée dans la propriété de la famille Pittet à Russin.
Quand je vous dis que tout baigne à l’Académie du Cep !
Michel Jordan

Le Domaine du Mollards à Russin, a été sacré meilleur Chasselas de l’année 2009.

Une cérémonie sympathique a permis l’intronisation de Pascal Couchepin.





