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LES MALDIVES... A NEUCHÂTEL

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C’est un objet rare, insolite. Un grand coffret moderne, un étrange témoignage esthétique qui s’étale au bord du lac, entouré de bâtiments sans grand intérêt. C’est un hôtel. Cinq étoiles. C’est aussi un bar et son fumoir. Un restaurant, le Colvert et son incomparable terrasse.
Dernier survivant de l’Expo 02, le Palafitte n’a, sans doute, pas son pareil en Suisse, d’ailleurs son directeur Antoine Chaumeron en est conscient et de préciser avec un brin de malice : « Le Palafitte c’est… les Maldives à Neuchâtel ! En réalité, il est bien le seul hôtel de luxe en Europe construit sur l’eau ».

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C’est vrai. Il y a le lac, omniprésent, qui évolue au gré des changements de lumière, qui confère à l’ensemble cette atmosphère si particulière. Et puis au loin les Alpes. Cent cinquante kilomètres de montagnes pour nous rappeler que la Suisse est un pays de contrastes, de diversités.
Mais un hôtel c’est aussi – surtout – une ambiance, un climat et là le Palafitte – qui signifie « pieux plantés dans l’eau » – référence aux populations lacustres établies à la Téne « se la joue » douceur, calme et… volupté, bien sûr !

Trempette matinale

Vingt-quatre pavillons construits sur pilotis avec accès direct au lac depuis leur terrasse, seize autres en deuxième ligne jouissant d’une vue tout aussi splendide offrent aux visiteurs un dépaysement total. Et tout cela au centre d’une ville…ou presque !
C’est là que, pendant 24 heures, j’ai pu jouer au nabab heureux. Il y a d’abord ma chambre – pardon mon pavillon – 68 m2 de meubles design, de concentré technologique, de confort aussi. Après une trempette dans le lac que j’atteins grâce à l’échelle de ma terrasse, le petit-déjeuner m’est livré sur le grand balcon. Service sympa, café chaud, jus d’oranges pressées et croissants. Je lis le journal pendant qu’un voilier passe au large. Derrière le bâtiment les petites voitures électriques ont commencé leur va-et-vient, sans bruit… ou pres­que. Seul le clapotis des vagues meuble ma quiétude. Aucun doute, le bonheur est… sur le lac. Ce lac que j’aperçois encore depuis la douche, au centre d’une salle de bains dans laquelle trône un magnifique jacuzzi.

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L’apéro et la grand’messe de midi
Quelques ablutions plus tard, une jolie  pendule me signale qu’il est l’heure de l’apéro. Ce rappel ne me laisse pas indifférent et me voilà confortablement installé sur la terrasse du restaurant. La mise en place est terminée : devant moi, la carte des mets ; sur ma droite un ballon de viognier du domaine de la Grillette ; à ma gauche le maître d’hôtel efficace et souriant.
La grand’messe de midi peut donc commencer. D’abord une belle assiette de tagliatelles aux vongoles suivie d’un carré d’agneau du Limousin rôti au beurre d’anchois, purée de pois chiche et artichauts poivrade, jus parfumé à la marjolaine. Bon appétit et à tout à l’heure !

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Après le café…
Il est un peu plus de 14 heures quand j’achève mon café en compagnie de Nicolas Toussaint, le jeune chef de cuisine qui m’a rejoint pour évoquer son parcours professionnel, ses passions, sa conception de la cuisine. Première constatation l’homme est timide, réservé. A 28 ans il ne se prend pas pour une vedette, ce qui ne l’empêche pas d’avoir une certaine idée de son métier. « J’ai eu la chance de travailler dans d’excellentes maisons, notamment chez Jean-Paul Jeunet à Arbois puis Au Prussien à Neuchâtel.
La qualité et le respect des produits sont pour moi essentiels tout comme les saisons qui ont chacune leur originalité, leur saveur. Et j’en tiens compte dans la composition des menus c’est souvent en faisant mon marché que je décide de ce que je vais préparer ». précise encore le chef des cuisines du Colvert.

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Avenir…
… presque assuré

« Et dire que cet hôtel aurait dû déménager en Valais, aux Iles près de Sion, C’est en tout cas ce qui était prévu après l’Expo 2002 » relève Antoine Chaumeron, soumis – sans coup férir – à la difficile interview « post-dînatoire. « Main­tenant nous avons l’assurance que nous resterons là au moins jusqu’en 2022 ! Et c’est bien comme cela. Je suis impliqué dans ce projet depuis 2001, quand la fondation de la famille Sandoz a investi 25 millions dans ce complexe hôtelier haut de gamme,
ce fut une aventure professionnelle extraordinaire.
J’ai vu naître le Palafitte, puis il a fallu constituer les équipes – au total quarante huit employés – et faire l’ouverture. Moment exceptionnel, intense et rare. Car c’est tout de suite qu’il faut donner le ton, créer une atmosphère tant pour le personnel que pour les clients, ces clients qui, le week-end, viennent à 80 % de Suisse alémanique, c’est d’ailleurs une particularité de notre établissement qui est très prisé le week-end contrairement à la plupart de nos confrères » précise encore Antoine Chaumeron avant de s’en aller accueillir les cadres d’une importante société horlogère.
Pour ma part le moment du dernier plongeon est arrivé. Quelques brasses seulement. Puis valise et voiture. Deux ou trois tours de roues à peine et c’est déjà la ville. Une autre vie aussi. Salut les Maldives…bonjour Neuchâtel !                 (Ph.Dh)

L’Hôtel Pratique
Hôtel Palafitte
Route des Gouttes d’Or 2
2000 Neuchâtel
Tél. 032 723 02 02
www.palafitte.ch

Prix des chambres
Pavillon pour 1, 2 ou 3 personnes par jour
Haute et basse saisons
Pavillon Lacustre : Fr. 695.– • Fr. 515.–
Pavillon Rivage :     Fr. 505.– • Fr. 395.–
Petit déjeuner : Fr. 35.–
Offre forfait, consulter le site.

 

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